Une petite pépite lyonnaise, menée de main de maître par quatre amis qui ont assimilé leurs classiques à la perfection. Avec cet album A*Song s'affirme comme un des représentants les plus doués de la scène pop française.
A écouter au Citron
C'est quoi ce groupe ?
A*Song n’est pas connu. Le groupe ne passe pas en radio. Il ne tourne même pas beaucoup. Et pourtant quelle classe, quel son, quelle qualité de composition ! Ces lyonnais, menés par le très doué Thibault Labey, ont fait leurs classes depuis près de 4 ans, mais ils n’ont jamais réellement réussi à percer. La faute à pas de chance comme on dit, car à l’écoute de cet album on ne peut qu’être perplexe devant la non-réussite du groupe. Rares sont les premiers albums de groupes français pouvant se targuer d'une telle qualité artistique, et pourtant les groupes de pop sixties sont légion. Du début à la fin de l'album, et malgré quelques ralentissements, la musique d’A*Song est tantôt douce, tantôt énervée, toute en mélancolie pop, en arrangement sixties et en chœurs énormes.
C'est quoi cet album ?
L’album débute doucement, tout en finesse avec « Beware », chanson pop magnifique qui pose les bases de ce que va être la musique d’A*Song : une pop mélodique, qui ne tombe jamais dans la facilité, sous haute influence McCartney. Les arrangements à corde, sans tomber dans le grandiloquent, sont bien présents et donnent au morceau une légère touche mélancolique qui ne gâche rien. La deuxième chanson de l’album met très vite les choses au clair : A*Song est avant tout un groupe de rock. Et ils le démontrent à merveille avec 'Upstart', toutes guitares dehors. Le chant est grave, à la Jim Morrison et le riff de guitare très power-rock fonctionne à merveille.
Mais c’est vraiment avec la chanson suivante 'Cofee Baby' qu’A*Song va montrer toute son originalité. Cette petite merveille de chanson pop est véritablement inclassable en fait. Entre Jazz, Bossa et Pop. Les choeurs féminins élèvent le tout sur le refrain et le tour est joué. Un petit bijou.
Seul bémol dans cet album, les ballades, ou ce qui s’en rapproche. Si 'She’s Like Me' sort son épingle du jeu avec une très jolie mélodie dans le refrain, des chansons comme 'Let All' ou 'Love Love Love' jurent un peu et auraient pu (dû) ne pas être de l’aventure. Tout le contraire de 'Hard Stuff', petite perle rock au riff très Franz Ferdinand ou même de 'A Sign', autre merveille pop de l’album à l’orchestration magnifique.
Au final, Hôtel de Nice, avec trois chansons de moins aurait sonné beaucoup plus équilibré. Reste qu’à l’écoute d’une chanson comme 'Fha Fha Fha', le génie (rien que ça!) du groupe ne saurait pas être mis en doute. Cette chanson à tiroir, comme sait si bien les faire McCartney (encore lui) est incroyable. Après un début « morriconien » de 3 minutes, le groupe envoie un groove bien senti, à base de grosse basse et de guitare s’entrecroisant, pour finir avec une mélodie jazzypop aux paroles merveilleuses : « Father, father, why did you go? Did you fly away to let me know how much I miss you ». Comme un concentré de l’album. Ne cherchez pas, si vous voulez savoir comment sonne A*Song, comment sonne Hôtel de Nice, c’est cette piste qu’il faudra écouter, et aucune autre.