Une jeune chanteuse anglaise étonne et envoûte par un premier album de reprises pop/folk, plein de maîtrise et d’émotion.
A écouter en se promenant par un froid matin d'hiver
C'est quoi ce groupe ?
Birdy, de son vrai nom Jasmine van den Bogaerde, est, à 16 ans à peine, une des étoiles montantes de la pop anglaise. Révélée il y a quatre ans par sa victoire dans une compétition de chant nationale, elle signe dans la foulée un contrat avec une maison de disques, et sort en novembre dernier Birdy, son premier album éponyme. Dotée d’une voix puissante et racée, ainsi que d’un jeu de piano efficace (sa mère était concertiste), elle impressionne par sa maturité et démontre qu’elle peut être plus qu’un simple produit marketing préfabriqué par une major.
C'est quoi cet album ?
Pour son premier album, la jeune anglaise livre 11 titres, parmi lesquels une seule chanson (‘Without a Word’) est signée de sa main, les dix autres étant des reprises allant de Bon Iver à James Taylor, en passant par The xx ou les Fleet Foxes. Un choix surprenant et très indé dans les artistes choisis, mais la mayonnaise prend très vite grâce à la voix très pure et cristalline de Birdy. Son timbre est de ceux qui vous hantent, littéralement, et font courir des frissons le long de votre échine sur certaines envolées sublimes. A ce titre, le premier single de l’album, ‘Skinny Love’, est un parfait exemple de ce que l’on trouve sur la galette : une chanson tout en douceur, un piano/voix maîtrisé qui envoûte à chaque fois.
Mais l’intérêt de l’album ne se limite pas à ça, puisque l’anglaise est entourée par du beau monde à la production : Jim Abbiss (Arctic Monkeys), Rich Costey (Franz Ferdinand) ou encore James Ford (Klaxons) ont mis la main à la pâte. En résulte des tracks ambiancées à la perfection, que ce soit par des atmosphères électro posées (‘Shelter’, ‘Without a Word’), des déluges de cordes (‘Terrible Love’, ‘Never Forget’) ou des chœurs tout en réverb qui donnent une dimension supplémentaire à la piste (‘White Winter Hymnal’). Avec ses arrières bien assurés, la jeune chanteuse peut ainsi plus facilement laisser libre cours à son organe, et parvient habilement à naviguer entre grandes envolées et chansons plus intimistes, quasiment murmurées parfois (‘Never Forget’, ‘The District Sleeps Alone Tonight’). Une palette appréciable, qui démontre que Birdy a plus d’un tour dans son sac, et rappelle à maints égards sa compatriote Adèle.
En 11 titres, la chanteuse parvient à prouver que la valeur n’attend pas le nombre des années, et livre un album plein de maîtrise et d’émotions, soutenu par une production impeccable. Si certains ne manqueront pas de dénoncer un énième produit fabriqué par les maisons de disque, Birdy dispose de tous les atouts pour leur donner tort. A ce titre, on attendra donc avec impatience un premier album entièrement signé de sa main, qui devrait décider si, oui ou non, elle est plus qu’une simple promesse à tenir.